Dimanche...
Le temps qu'il fait (ou va faire, mon n'veu) c'est la rengaine des Vieux, lis-je (devinez où!). Pas si sûr. L'homme d'affaire s'inquiète avant de choisir son habillement pour s'en aller à quelques réunions, toujours importantes, les enfants pleurnichent coincés à la maison, privés de piscine ou de sorties. L'ado est contrarié, les organisateurs de festivals annulent un concert, le paysan, ah, le paysan quand ne lève-t-il pas les yeux au ciel, c'lui-la, ce semeur de merde ! Le vigneron, le maçon, le médecin-golfeur, le sportif, le curé, l'écolo, le vacancier (sur le départ ou pas),...
Concessions: les vieux ont plus de temps pour parler du temps, ch'est vrai. Et puis les variations climatiques affectent plus facilement leur organisme. Je ne parle pas uniquement des articulations mais aussi du transit digestif. Tenez, moi, machin vieillissant, normalement "cric-caque" (sic), sans mon café, sans ma pipe, sans une petite marche sur mon balcon, b'en me voilà d'humeur épaissie (on peut lire une ou deux choses sur l'humeur en P.S.2).
Conclusion: qu'on laisse les vieux emmerder le monde, nous, pas loin bientôt d'un tiers de l'humanité, nous avons autant de droits que le jeunesse et que les actifs. Camarades prostatiques, sœurs ménopausées, unissons-nous.
Assis les aînés de la terre...
Il n’est pas de sauveurs suprêmes:
Ni Dieu, ni Pension, ni docteur,
Vieillards, sauvons-nous nous-mêmes;
Travaillons au salut commun.
Pour que nos suivants rendent gorge,
Pour tirer nos cosses quand il fait beau
Allumons nos grandes torches, prenons nos vessies pour lanternes,
Buvons notre tilleul quand il est chaud, Bientot nous serons froids.
L.T.
P.S.1.: Hier (- Et avant et avant-hier, mon Papy) je montrais un paragraphe du discours d'O Pamuk (réception du Prix Nobel). Paragraphe où il "expliquait" pourquoi il écrit.
Tres naturellement, et sans orgueil, je me suis (re)posé la question.
Pamuk: parce que je ne peux pas faire un travail normal.
Papy: moi j'ai fait un travail normal et ce travail enrichit (si j'ose) mon écriture.
Pamuk: parce que je suis très fâché contre vous....
Papy: parce que je suis fâché contre moi-m'aime.
Pamuk: parce que je ne peux supporter la réalité..., pour que le monde entier sache..., parce que j'aime l'odeur de l'encre et du papier, parce qu'il me plait de rester enfermer dans une chambre,...
Papy: rien de tout ce qui précède.
Pamik: parce que je crois à l'art du roman, parce que j'ai peur d'être oublié, parce que je suis sensible à la célébrité, parce que je crois à l'immortalité des bibliothèques, par ce qu'il me plait d'être lu...
Papy: pfffff rien de tout ça.
Juju: juré, craché ?
Papy: trois fois, schcrutch, schcrutch,schcrutch,....
Pamuk et Papy: parce que c'est une habitude et une passion, pour être seul, parce qu'il est plaisant de traduire en mots toute cette beauté et la richesse de la vie. Nous écrivons pour échapper au sentiment que nous ne pouvons atteindre tel lieu auquel nous aspirons, comme dans les rêves. Nous écrivons parce que nous n'arrivons pas à être heureux, quoique nous fassions. Nous écrivons pour être heureux.
P.S.2.: L'humeur... Amusant de (re)trouver en avant-dernière ligne le mot "tempérament" puisque / comme en haut je parlais... du temps. Tempérament (psychologie) — Wikipédia... (on a presque le sentiment que tout est prédestiné en lisant cette définition du "tempérament" en psychologie). La définition de "tempérament" en droit est aussi curieuse tant elle accorde à la Justice une marge de flexibilité, quasiment un espace émotionnel. Ce constat, naïf, m'entraîne dans une réflexion ou une rêverie mystique sur ce qu'est la Justice, une manière pratique d'aimer, le reflet de l'âme humaine.
- B'en mon papy !
- Oui, oui, ma bonne, ma Juju toi qui me manques tellement que je te cède un espace (grandissant) de ma cervelle pour que tu restes en vie. Oui, quand je lis les journaux (et les commentaires imbéciles des lecteurs) il me semble qu'on a, qu'on donne une fausse image de la Justice. Celle-ci est bien plus qu'un Livre pour les Gens. Elle est un idéal et un espoir. Et trop de philosophes dénigrent l'espoir le dénonçant comme une supercherie d'inspiration religieuse (ce qui n'est pas tout faux). La Justice est, me semble-t-il, un modus vivendi, un idéal d'harmonie... comme on retrouve le "tempérament" en musique. Harmonie: "Dans la théorie de la musique occidentale, l'harmonie étudie la construction des accords, les principes qui les gouvernent et leurs enchaînements ; on parle alors de l'aspect «vertical» de la musique par opposition à la dimension « horizontale » (mélodie).".
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Le terme humeur vient du latin umor, qui est lui-même un mot venant du grec ancien et qui signifie liquide. Un autre mot en français qui a la même racine est le mot humour, mais son acception actuelle est plus récente (XVIIII). Il vient de l'anglo-normand humour qui vient lui-même du vieux français humor. Également, en anglais américain, humour s’orthographie humor mais le même mot est prononcé de manières très différentes par les anglophones britanniques et américains.
Il est intéressant d’observer la dualité du terme humeur, à la fois terme médical par l’étymologie latine et terme de psychologie par l’étymologie grecque. Le mot humeur revêt à l’origine un sens purement médical, mais avec l’évolution de la médecine les chercheurs isolèrent et définirent les liquides du corps humain, et peu à peu le terme "humeur" tomba en désuétude. Le XIXeme siècle marqua le début de la régression de l’usage du mot "humeur" pour évoquer les fluides corporels. Le langage courant, petit à petit, l’utilisa pour évoquer des émotions. Ceci est dû essentiellement au manque d’éducation médicale populaire. Le peuple pensait encore au XIXeme siècle que les troubles du comportement ou les tempéraments provenaient de certains fluides qui coulent dans nos veines, ou encore que le signal nerveux était de type liquide, ce que nous savons aujourd’hui faux, d’où la dérive et l’amalgame qui se sont opérés sur le terme « humeur ». L’évolution de la psychologie enterra quasi-définitivement la signification historique du terme humeur, et du fait des progrès de la médecine, les médecins n’avaient plus besoin de ce terme dans leur jargon et l’abandonnèrent ainsi au profit de la psychologie.
Seuls rescapés de cette transmutation linguistique, l’humeur aqueuse et l’humeur vitrée, qui sont des termes médicaux propres et toujours d’usage courant.
En médecine, l’humeur est un terme vieilli pour évoquer un fluide contenu dans l’organisme Ce fluide peut être réel comme le sang, la lymphe, la bile ou peut également être supposée réel ou hypothétique comme l’atrabile. De nos jours le terme humeur est peu usité en médecine à l’exception de l’humeur aqueuse et l'humeur vitrée contenues dans l’œil. Ce terme vieilli provient de la théorie des humeurs professée par la médecine médiévale.
En psychologie, l’humeur est l’état thymique originel régissant les émotions et l’affectif. "Thymie" est un synonyme d’humeur propre à la psychologie, l’étymologie de ce mot vient du grec thumos qui signifie "siège des passions". Dans le langage courant, l’humeur a plutôt pour synonyme le terme "tempérament". Le terme "humeur" est banalement usité pour évoquer une disposition affective ou émotionnelle comme la tristesse ou la joie. Piqué sans honte sur la Toile.
P.S.3.: L'étymologie ! Il faut la prendre pour ce qu'elle est, sans lui accorder trop de confiance, sans en faire un GPS. Copain (etymologie du mot) - Raffinement Francophone. Je donne en premier l'adresse d'un blogue puritain, par exemple à ne pas suivre. D'ailleurs ce pauvre homme a fini par changer d'adresse pour fuir les moqueurs.
Les "doublets" nous invitent à la méfiance: Curiosités étymologiques : le phénomène des doublets.
Pourquoi n'essayerais-je pas de comparer les mots (leurs lemmes et morphèmes, Lemme (linguistique) — Wikipédia) avec nous autres, O frères humains. Quand nous franchissons le Rhône, quittant le Pays de Vaud pour entrer en Valais, je ne manque jamais de l'annoncer à Dulcinée.
- Te voilà dans ta belle province.
Ma compagne ayant acquis une "origine" en même temps qu'une... deuxième nationalité. Il existe, dit-on, des oiseaux migrateurs qui se fatiguent de voyager et "finissent" par s'installer sur des terres (et des marais) hospitaliers. Le gui suce (avec ses suçoirs Santalales > Plantes (hémi)parasites (gui, santal), suçoirs) son gentil hôte. Je ne sais pas ce que le gui donne à son aubergiste espagnol, pas plus ce qu'il lui vole.
Ce qui vaut pour ma compagne vaut pour moi. Durant mon enfance j'ai habité en divers endroits du Valais. À dix-sept ans (un an "avant" Aznavour, Charles Aznavour chante Je m'voyais déjà 1997 - YouTube) j'ai quitté ma province pour m'en aller... pas loin, pas encore très loin.
Et pourtant !
Aujourd'hui je crois, je veux croire, que ma compagne apprend à aimer cette longue vallée où le Rhône prend source. Et nous pouvons si peu en précipiter le processus. Pourquoi le ferions-nous sinon pour qu'elle s'y sente à l'aise.
Pour les mots c'est un peu pareil. On ne fera jamais d'une Vietnamienne une Valaisanne ou une Fribourgeoise.
Et pourtant !
Hier n'écrivais-je pas: "Hanoi, ma ville" ? On ne fera jamais d'une gaine de la vanille bien que l'étymologie soit commune.
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