Au gré de la plume

18 janvier 2017

Restons calmes, Buoi - 3

 

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Journée pour rire, ultimes achats, ménage, ménage, ménage (et dire que cela sera pareil dès notre arrivée à Buoi), hier je ne pouvais retenir mes commentaires, parfois piquants, inutilement (sauf que ça soulage). Aujourd'hui la page est tournée, Alea jacta est. 

C'est avec plaisir que je fais suivre ce lien: En attendant les Oscars, regardez “Sous tes doigts”, sur trois femmes héritières de la guerre d'Indochine - Télévision - Télérama.fr..... clic, en remerciant de tout cœur l'expéditrice. Dans certaines zones territoriales (pays) l'accès au film est impossible par ce lien. 

Essayez au moins la bande annonce (trailer): Bande annonce Sous tes doigts de Marie Christine Courtès - YouTube, clic.

Et plus bas je mets le lien de la chanson choisie pour ce film. Et cette chanson n'est pas rien, elle traduit bien des choses.  

On comprend très vite que le film ne raconte pas une légende vietnamienne mais le destin des jeunes Indochinoises qui aimèrent un Français ou un soldat de l'Armée française. 

Camps d'accueil des rapatriés d'Indochine — Wikipédia, clic. Avec ce lien on peut accéder à plusieurs articles sur  le "rapatriement" de ces personnes qui n'avaient jamais connu la France. 

Présélectionné aux Oscars, ce court métrage d'animation de Marie-Christine Courtès évoque l’époque coloniale en Indochine et les traumatismes que se sont transmis trois générations de femmes. En noir et blanc pour le présent, couleurs pour le passé, afin de transformer les douleurs d’autrefois en richesses. A voir sur Télérama.fr jusqu'au mercredi 18 janvier.
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Le 24 janvier prochain, l’Academy Awards annoncera la liste des finalistes pour lesOscars. On saura alors si le court métrageSous tes doigts poursuivra sa route vers la statuette. Choisi parmi soixante-dix films, il fait partie des dix présélectionnés dans la catégorie animation. La réalisatrice Marie-Christine Courtès, qui signe avec ce film son premier court métrage de fiction et d’animation, savoure « le plaisir de voir combien cette histoire touche un public étranger ».

Sous tes doigts balaye pourtant, en douze minutes, plusieurs époques et plusieurs lieux très ancrés dans l’histoire française. Sur soixante ans, le destin de trois femmes d’une même famille s’entremêle entre le Vietnam du temps de la colonisation française, l’exil en France et les banlieues d’aujourd’hui.

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« J’avais envie de parler de la guerre d’Indochine du point de vue des femmes. Le scénario plonge donc ses racines dans Le camp des oubliés que j’ai réalisé en 2004, raconte Marie-Christine Courtès. Des Vietnamiennes, rapatriées en 1956, ont vécu des décennies, ignorées de tous, dans un camp à Sainte-Livrade dans le Lot. La plupart disaient qu’elles étaient veuves. Au moment du tournage du documentaire, je n’avais pas osé les interroger à ce sujet. C’était trop intime et douloureux. J’avais peur de les blesser. » Pas facile d’avouer l’abandon des maris français, colons ou militaires. 

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Le présent a les traits d’une jeune Eurasienne

La fiction et l’animation libèrent la réalisatrice du réel. Elle comble ainsi les non-dits. Et imagine le passé d’une de ces rapatriées. D’abord, amoureuse. Puis, délaissée par son amant. Et, enfin, poussée à l’exil avec son enfant, par le désastre de la guerre. La réalisatrice donne au présent les traits d’une jeune Eurasienne, Emilie. Celle-ci n’exprime aucune émotion à la mort de sa grand-mère. Mais de la rage. Au point de jeter sèchement le maigre héritage de l’aïeul, des escarpins rouges. Les écouteurs rivés sur les oreilles, hip-hop à fond, la jeune fille observe prostrée la crémation. Et demeure insensible à la danse rituelle vietnamienne qu’entame sa mère devant l’autel des ancêtres. Le passé apparaît dans les volutes de fumées qui s’élèvent des bâtonnets d’encens. On est transporté au Vietnam de l’époque coloniale.

« Emilie est un personnage ancré dans la société française d’aujourd’hui, dans une banlieue comme celle où je vis. Elle exprime la complexité de la transmission d’une histoire mal connue par les générations d’aujourd’hui. Sa colère se nourrit d’un sentiment d’humiliation, celui de l’abandon de sa grand-mère, du passé colonial, dit la réalisatrice. Nous avons besoin de représentation de la colonisation par les cinéastes, les artistes, les écrivains. La France peine à assumer ce passé. Nous avons pourtant intérêt à le faire. Car cet héritage collectif est utilisé par des apprentis sorciers. Cela doit rester du passé. Et ne doit être utilisé ni comme un argument politique identitaire ni comme une revendication communautaire. »

Grande histoire et blessure intime, transmission entre générations, exil et colonisation... Sous tes doigts affronte des thèmes larges et universaux. Une explication, sans doute, de l’engouement qu’il a suscité au niveau international. «  Toutes les familles portent un héritage. Même si les histoires n’ont rien à voir avec des évènements historiques douloureux et traumatiques, grandir c’est décider ce que l’on fait de cet héritage. Est-ce qu’on l’assume ou est-ce qu’on le rejette ? » 

« Tout ce dispositif un peu à l’ancienne plaît sans doute face à des grosses machines en 3D.  » Ludivine Berthouloux, directrice artistique 

Le travail sur les dessins ajoute au propos du court métrage. Les codes habituels du flash-back s’inversent. Le présent est en bichromie, le passé colonial en couleur. Mais pas comme un signe de nostalgie, pour accentuer plutôt la noirceur du présent. « La jeune fille est fermée, comme engluée. Elle n’a pas une vision très large de ce qui se passe autour d’elle. Ce qui explique les formes géométriques et l’absence de perspective dans les dessins, détaille Marie-Christine Courtès. »

Texture béton pour le présent, aquarelle pour les scènes d’autrefois. Personnages et décors sont traités de façon identique pour montrer combien l’environnement influe sur les émotions des individus. Le tout avec un effet papier brut. « Tout ce dispositif un peu à l’ancienne plaît sans doute face à des grosses machines en 3D », souligne la directrice artistique Ludivine Berthouloux.

Autre choix de réalisation : l’absence de parole. « Je n’avais pas le droit de mettre des mots sur cette histoire. N’ayant pas posé la question aux femmes vietnamiennes, je n’ai pas eu la réponse, » précise Marie-Christine Courtès. Seule exception la chansonSous tes doigts de Suzy Solidor qui donne son titre au court métrage. Le couplet des années 30 accompagne une séquence où la jeune Vietnamienne et son amant français valsent sur une jonque. «  C’est un texte qui parle du désir féminin. Quelque chose de très osé à l’époque. »

Alors, à défaut de mots, les corps parlent. Ils dansent. Hip hop assexué pour Emilie. Danse rituelle pour sa mère. Une manière d’exorciser le poids du passé imprimé dans la chair. Le chorégraphe Franck2Louise a créé les enchaînements. Interprétés par des danseuses, ils ont été filmés avant d’être redessinées. Ces séquences en mouvement scandent le récit.

Le duo final unit la mère et la fille. Réconciliées après un voyage sur les traces de la grand-mère. Emilie jette son bonnet et libère sa longue chevelure noire. Déchargée de ses fantômes, elle n’a plus besoin de cacher sa féminité pour assumer ce passé douloureux. Et accepter les escarpins rouges. Sous tes doigts affirme ainsi que malgré les douleurs, et les traumatismes, la richesse du passé nourrit le présent et l’enrichit.

En attendant les Oscars, regardez “Sous tes doigts”, sur trois femmes héritières de la guerre d'Indochine - Télévision - Télérama.fr 

À l’occasion du décès de sa grand-mère, une jeune eurasienne revit, entre danse et rituels, l’histoire singulière des femmes de sa famille, de l’Indochine coloniale à l’isolement d’un camp de transit.  

Le jour de la crémation de sa grand-mère, Emilie, une jeune métisse asiatique, se plonge dans les souvenirs de la vieille femme. 

Elle découvre l’Indochine de Hoà, sa rencontre amoureuse avec Jacques (un colon français), la naissance de Linh (sa mère) et le départ tragique vers la France en 1956. Elle revit en compagnie de Linh l’arrivée au camp d’hébergement de Sainte-Livrade, l’exploitation des femmes indochinoises par les maraîchers du Lot-et-Garonne. Entre souvenirs, danse, colère et rituels traditionnels, Emilie apprend à accepter cet héritage… 

The day of the cremation of her grand mother, Emilie, a young mixed-race Asian girl, buries herself into her grandmother memories. She discovers the Indochina of Hoa, her romantic encounter with Jacques (a French colon), the birth of Linh (Emilie's mother) and her tragic departure to France in 1956. 

She relives with Linh, the arrival into the camp of Sainte-Livrade, the exploitation of the Indochinese women by the market gardeners of Lot-et-Garonne. 

Between memories, dance, anger and traditional rituals, Emilie learns to accept this heritage… 

Une coproduction Vivement Lundi ! Novanima Productions

 

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L.T.

P.S.: Voilà, voilà,...

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17 janvier 2017

Saloperies de valises, Buoi - 4

 

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Bien, soyons sages. Dulcinée a son ordre, sa manière de préparer les bagages. Peut--être la seule chose que j'aie pu lui apprendre en 26 ans. Alors sans scrupule, sans honte je la laisse faire. Moi, moi je vérifie le contenu de notre "pharmacie" de voyage et celui (le contenu, don) de mon petit sac à dos.

Ensuite je fais un tour sur ma tablette, plus précisément dans ma bibliothèque, une douzaine de livres "en réserve". Il y a du Kessel, de l'Alphonse Allais et .... je retrouve Claude Farrere. Qui n'a pas lu son "Les Civilisés", hein ? Attention, il était très à droite cet écrivain- voyageur ! 

Sacré bonhomme qui rencontra Ataturk en 1922 {Turquie ressuscitée (1930)}. Pourtant j'ai choisi un de ses ouvrages parmi les moins connus: "Mademoiselle Dax, jeune fille".  

Il fut l'ami de deux personnages étonnants: Pierre Louÿs et  Victor Segalen, clic.

Les Trésors de Claude Farrère - Xavier Soleil, clic. 

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L.T.

P.S.: On y arrive doucement. Et à peine achevé ce compte à rebours, je lancerai l'autre. Aucune impatience, une manière simple (et peut-être philosophique) de (me) rappeler que le temps n'est qu'un leurre * inventé par le Ciel, utilisé par les hommes pour simplifier la vie (et la mort). Aucune impatience, un vague énervement tant ces longs voyages me paraissent ennuyeux et épuisants. Ils ne le sont pas "forcément" mais ils me le paraissent ainsi. 

* Leurre: (Siècle à préciser) De l'ancien français loireissu de l'ancien bas-francique lôþr (« appât »). Comparer avec le moyen haut-allemand luoder (« appât, chose qui attire »).

Le curieux de cette étymologie (celle de "leurre") c'est ce loire, loir. Remonter cette généalogie c'est comme entrer dans l'univers de Raymond Devos. 

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16 janvier 2017

Dimanche, Buoi - 5

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T + C

 

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13h40: Dulcinée souhaite se faire une teinture de ses cheveux. Alors on s'y met. 

Ce matin j'avais besoin d'aller à la messe, j'y suis allé. Comme souvent une belle chorale, des chants en latin. Il me fallait aussi prier pour une jeune femme malade que je ne connais pas et qui se bat pour sa vie. Je ne connais pas plus les Syriens (musulmans et chrétiens) mais je prends le temps à de penser à eux, autrement qu'en dissertant sur les "raisons" de ces massacres. 

On choisit aussi de chasser de soi nos mauvaises pulsions. Au fond ça pourrait être du yoga ou un machin zen comme c'est la mode. Alors pourquoi ne pas s'accrocher à l'histoire du monde qui a inventé le Ciel (ou l'inverse, peu importe). Avant ce voyage à Hanoi je dois évacuer, autant que possible, une mauvaise bile.

Je le répète, c'est un choix, celui du désir d'aimer, le reste n'est que blabla. Cela n'exclut pas le "justice" mais la justice n'est pas une déesse suprême, juste une déesse. 

Je le répète, le pardon, celui qu'on s'accorde ou qu'on accorde aux "Autres", ce pardon est une escroquerie comme celle qui voudrait nous faire croire qu'on peut juger, le cul dans son fauteuil.

Je le répète encore, ce travail de la tête et du cœur n'élimine pas les "mauvaises pensées", on peut seulement espérer qu'il (le travail, don) nous permet de les contrôler.

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L'année prochaine sera celle du Coq et de la Poule.

 

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L.T.

P.S.:

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15 janvier 2017

Samedi, Buoi - 6

image Et c'est parti....

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Longue séance de magasinage ce samedi, faut bien remplir nos valises. Alors moi je bois un café en lisant le journal. Excellent article sur un étrange psychiatre, Ludwig Binswanger, identifié il y a quelques années lors de mon "travail" de recherche sur Trieste et là dans la foulée je découvre un artiste (auteur du portrait gravé de M.Binswanger), un certain Ernest Ludwig Kirchner. 

 Ernst Ludwig Kirchner., clic.

 Ludwig Binswanger — Wikipédia, clic.

Si Dulcinée a fait des achats "malins", moi je suis donc retombé sur ce personnage très "curieux". Bonne journée finalement. Et je continue... vers...Nishida, ça vous dit quelque chose ? 

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Pour un peu je revois mes causeurs triestins.

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L.T.

P.S.: Un problème c'est une question qu'on pose sur la table. Le mien, aujourd'hui, est d'une grande simplicité. Je ne suis plus là mais déjà dans mon village de Buoi. Je ne souhaitais pas ce voyage, la solidarité a son prix. Décision prise, pourquoi faire mauvaise figure, hein ? 

Autrement dit, en attendant, je m'emmerde. 

- Pas grave.

- Pas grave.

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