Au gré de la plume

21 février 2017

Mardi, on s'envole ce soir

 

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 Le printemps en Europe ? 

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Clin d'œil à un ami du Canada.

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L.T.

P.S.:

15h00, lundi
Pompons. Le bruit du moteur électrique de la pompe n'est pas trop dérangeant. Ici on se moque de ses voisins mais l'important n'est-il pas de s'en tenir à ce que nous ont appris nos parents et nos éducateurs ? La règle vaut pour tout.

Voyons: Évidemment Dulcinée ne l'entendait de mon oreille, le programme annoncé a été modifié, elle est montée en ville avec sa moto et moi avec le bus. Nous nous sommes retrouvés au café du "gamin".
Après quoi elle est partie rejoindre ses amies pour... un repas !
Moa, moa, ma promenade L'y Thuong Kiet, Le Duan, Dien Bien Phu, j'ai longé la citadelle, croisé Pham Dinh Phung, ma bière au coin, chuis descendu sur la rue Quan Thanh jusqu'à l'arrêt de mes bus (45 ou 14).
À la maison le banh chung frit m'attendait, le temps de le réchauffer, de couper une rondelle de salami et un morceau de gruyère, une bière, un café, la fin du chocolat russe, la vaisselle, ma douche.
 

Pompons. Durant ces quelques semaines j'ai pu échanger quelques propos avec des expatriés de nos connaissance. Des gens "bien" qui ont "réussi". En aparté, c'est à dire loin des oreilles indigènes, nous partageons des souvenirs et vient un moment où l'un ou l'autre évoque "le Vietnam". Pas un mot sur les problèmes du pays: l'argent. Au mieux on reconnaîtra "un sentiment de frustration". L'enrichissement rapide, la spéculation, la corruption, le népotisme, le respect des lois, la fracture sociale,...
- Alors tu as rêvé mon à Papy ?
- Je le reconnais, j'ai rêvé. 

Profitons: qu'on m'excuse, sans solliciter un pardon, je ne suis pas rentré dans mes souliers d'autrefois, pas de commentaires sous mes photos prises en vitesse (par tendresse pour des personnes chères).
"Jane Eyre" !

Revenons: L'autre jour je me questionnais sur l'origine du mot "entregent" et comment on pouvait le traduire:
C'est une expression métaphorique empruntée à la fauconnerie.
Entre, et gens ; c'est-à-dire pour les faucons l'habitude de vivre sans s'effrayer des gens, et pour les hommes l'habileté, l'adresse à se conduire entre les gens.
En anglais: "interpersonal skills", mais il doit bien exister un terme plus joli. 

Lisons.
17h30. Ce sera notre "dernière" soirée à Buoi. Je pourrais rouvrir les pages du début juillet 2013, retrouver les émotions de ce temps. Mon souci en pensant au long voyage qu'allait souffrir Juju dans sa cage. Pourquoi me faire ce mal ?
- Juju, j'arrive bientôt !
- J'entends mal, Papy, parait qu'un câble Internet s'est cassé au fond de l'océan pacifique. Je t'attends.
Dulcinée rentre. Je pousse sa moto à l'intérieur. 

19h00.
- Je jurerais * qu'elle m'avait dit: "Ce soir nous mangeons des steaks *". Un livreur est arrivé avec quoi, au moins une vingtaine de larges steaks de bœuf congelés. S'en suivit une de ces discussions qui aujourd'hui me parut surréaliste. Le livreur et sa moto, dans la ruelle. devant notre portail, Dulcinée avec son téléphone et, naturellement, une tierce personne à l'autre bout car, voyez-vous, même sans fil les téléphones ont toujours un autre bout ! On aura compris il y avait un problème entre la commande et le paquet livré.
Une fois le drame évité (par quel compromis, j'en sais rien) Dulcinée ramena ces deux kilos de bœufs en tranches et les déposa sur la table.
- Mais que vas-tu faire avec tout ça ?
Je craignais qu'il lui vint le projet d'en ramener en Suisse dans nos bagages !
- J't'ai dit je veux en donner à mon fils et à son cousin (fils de Sœur Mai) !
Il y avait de l'exaspération dans sa voix ou alors dans le ton de sa voix.
- Je jurerai (au futur cette fois) qu'elle me l'a dit.
Le temps que la viande dégèle il sera bien tard.

* Conditionnel me semble-t-il pour ce premier serment car à ce moment où sur le moment j'ai eu un doute.
* * Les Vietnamiens ne sont pas meilleurs que les Suisses dans la dénomination des parties anatomiques du bœuf de boucherie. Un "steak" c'est une tranche de bœuf.
Voilà un domaine ou nos amis et voisins français nous dépassent d'au moins une "corne" ou deux. La "corne" étant une mesure que je viens d'inventer. Je trouve cette mesure un peu tordue mais très visuelle.
- Visuelle, visuelle ?
- Tu as raison ma Juju, notre belle jeunesse se soucie-t-elle encore des vaches depuis qu'on leur coupe cruellement les cornes sous prétexte qu'elles se blessent ou blessent leurs congénères avec cet appendice cranial et si ce fut tolérable durant vingt siècles ça ne l'est plus en ce putain de merde de XXIeme. 

Tityre, tu patulae recubans sub tegmine fagi,
Silvestrem tenui musam meditaris avena ;
Nos patriae fines et dulcia linquimus arva ;
Nos patriam fugimus ; tu, Tityre, lentus in umbra,
Formosam resonare dotes Amaryllida silvas. 

19h30. Suis-je un homme méchant ? Il y'a deux, trois ou quatre jours j'écrivais des choses à propos du pardon, que c'est l'affaire du Ciel et jamais la mienne. Moa, moa j'oublie plus ou moins vite.
Dulcinée étant toute accaparée par les préparatifs de départ je me tiens hors de son chemin. Pourtant voyant cette quantité de viande importée et congelée j'ai failli lui (re)dire:
- Soyons clairs, je t'interdis de donner mes slips et mes chemises à ton fils, enfin... de mon vivant.
Le fait de ne rien faire alors qu'elle s'affaire me convainc de garder le silence. Les hommes sont des emmerdeurs et des lâches.
- Des parasites, oui !
- Voyons, voyons mon Amie Julia, que je m'insulte moi-m'aime passe encore et peut-être est-ce une sournoise manœuvre mais que tu en profites pour en rajouter alors que tu devrais protester d'un:
" Mon Papounet est un simplet "
" Mon Dadounon est un con "
" Mais c'est mon Dadou que j'aime beaucoup "

À la place du steak nous finissons le banh chung. Le "gamin" débarque, b'en i vient chercher ses steaks et deux cartons de vaisselles qui traînaient en haut depuis notre mariage.
20h30.
Dulcinée est en peine *, la raison * * est évidente . Alors on fera un aller-retour avec son "gamin" et les kilos de bœuf et la vaisselle,...
22h30. Retour à la maison.
- T'es de mauvaise humeur Dadounatzet ?
- Dulcinée a laissé son fils nous trouver un taxi pas cher genre Uber. Et durant le trajet je lui ai fait part de mon énervement. "Acheter pour 1,5 millions de steak (sans en manger) et économiser 10'000 VNd pour un "taxi" sauvage ! 

* Du latin poena (« peine, punition »).
Du latin paene (« presque », « à peu près ») pour l'adverbe « à peine ».
* * Il y aurait-il un lien entre la peine-punition et la raison ? Hum !
 

07h15, mardi.
Mauvaise nuit: pensée noires, ventre qui gargouille, ma détestation des bagages * et ma peur * * des voyages.
Ce que j'écrivais hier est confus. N'est-ce pas le risque d'un rapport à vif ? Qui sait, je reviendrai une fois ou l'autre sur l'écriture chaude et l'écriture froide, et la pire, la tiède que certains appellent réécriture, la reprise de pages lointaines.
 

* Faux espoir, les valises sont aussi pleines qu'à l'aller.
* * Peur est un grand mot. Autrefois j'aimais traverser le monde. Ce qui me plait encore dans les longs vols: manger !

10h00.
Dulcinée passe encore une fois au café pour mettre à jour la comptabilité. J'ai gentiment refusé de la suivre. "Jane Eyre".
J'ai le sentiment que nous ne sommes déjà plus là.

11h55, mardi, 05h55 en Europe continentale.
À quelques minutes du silence.

...

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20 février 2017

Lundi, Treyvaux - 1

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L.T.

P.S.:

N.B.: pour les mordu(e)s j'ai pu finalement mettre en ligne des commentaires (vendredi-samedi), il suffitde revenir un jour en arrière. Mais ça n'est que du blabla.
- Comme d'habitude.
- Comme d'habitude.
La journée ne m'accordait que peu de temps libre et l'accès à Internet était impossible.

 

17h00. Dimanche.
Pour cette invitation nous avons du traverser le Fleuve Rouge. L'endroit ou vivent ces amis est ouvert, vaste et bien décoré (par la maîtresse de maison, experte en cette matière).
Trois chiens ! Un chat (au moins!.
Il y avait bien du monde, toujours les mêmes dirais-je. Peu importe. Mets vietnamiens variés, grillades et excellents vins australiens (choisi par le maître de maison qui s'y connaît), serviteurs attentifs.
Sur le retour nous nous sommes arrêtés chez une invitée qui souhaitait nous montrer sa maison-à-elle située dans un "ensemble" (compound) qui mélange villas et grandes tours. La-dite dame se préparait à acheter une troisième maison près de Londres (1 million de £ cash), son mari et elle ont changé d'idée, ils vont investir en Australie dans la culture de legumes bio.
En arrivant devant notre portail, comme j'ouvre le cadenas *, je me retourne pour lancer:
- Pourquoi es-tu la seule à ne posséder qu'une maison ?
Dulcinée sourit.
Il nous reste un peu de temps avant de retourner manger .

 

* De l'extérieur, c.à d. de la ruelle, notre portail-à-deux-battants présente à mi-hauteur deux petits trous en travers desquels on doit passer ses deux mains, l'une dans un l'autre dans l'autre pour atteindre les deux boucles de fer et le cadenas qui les attache. Son ouverture se fait donc à l'aveuglette. Il est préférable de ne pas laisser tomber la clef !
Précisons encore que ces deux trous (15 x 15 cm), dont je parle dessus, sont équipés de deux volets qu'il est possible de fermer de l'intérieur ce qui permet de condamner l'accès à ce désormais fameux cadenas.
Ça peut paraître compliqué, ça l'est.

 

22h30, retour à Buoi.
Ventres pleins.
Et avant de rentrer un crochet pour saluer Sœur Mai (3) et sa future belle-fille dont la cérémonie d'engagement aura lieu dans une semaine, le mariage dans une quinzaine de jours.

 

09h00. Lundi.
Aie ! La tête et les mains. Nous sommes entrés dans le sas de compression (airlock compression). On bat la chamade (au sens militaire de ce terme moyenâgeux: on sonne la retraite). Sacs, habits, souliers, valises,... ce concentrent, s'assemblent. Va pour l'extérieur.
Dans la tête il y a eu un déclic.

 

Pouchkine, "La Fille du Capitaine". L'écriture est limpide, pas un mot de trop (ce qui est l'une de mes nombreuses faiblesses). En dix lignes on le retrouve en pleine "bourane" (tempête de neige), sa "kibitka" (traîneau sur patins, tiré par des chevaux) prête à se renverser alors que la nuit tombe. Plus loin, pas trois pages pour raconter l'exécution sommaire de son capitaine et pourtant toute l'horreur y est. Si le "héros" parle à la première personne, deux phrases ici et là, pas plus, soudain l'auteur (qui n'est pas le personnage principal) s'adresse au lecteur = le "je" + Pouchkine.
Charlotte ? "Jane Eyre". Attaquons ! Gros pavé ! Sur ma tablette: 1200 pages (sur papier probablement dans les 700). "Charlotte" devrait me tenir jusqu'à Singapour, nous nous envolons demain mardi, 18h35. M'aidera-t-elle à oublier ma pipe ?

 

10h00. Je décline l'invitation préférant rester à la maison, avec quand même un crochet "par" mon petit café de la rue Hoang Hoa Tham.

 

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19 février 2017

Dimanche, Treyvaux - 2

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L.T.

P.S.: 12h00, samedi.

Apéro, salami et gruyère. Que nos peuplades de rustres soient capables de produire de si bonnes choses depuis des siècles pourrait (pourrait, rien de plus) adoucir la sévérité de mon jugement concernant Darwin-le-païen (déjà j'entends, mon oreille droite reste fine, j'entends un de mes amis corriger: "hérétique peut-être, païen certainement pas").
Pourquoi, comment puis-je trouver un bonheur, si simple, en restant à la maison, assis sur ma chaise, suçant ma bière entre deux bouchées, une de salami, l'autre de gruyère - dont je ne taille pas la couenne tant elle est délicieuse - à lire un roman de Jane Austen ?
Dehors , toujours cette oreille droite, les bruits de la ruelle, les motos, les femmes qui se chamaillent comme à Chioggia, les enfants moqueurs.
J'entends aussi la famille des Soviets, réunie "in corpore sano", Joseph, Mamouchka, leur cadette Momo, le chien Tom-Tom, la grande fille, son mari et leur petite. Joseph est un casanier, il ne s'absente que pour son travail. Mamouchka veille aux grains depuis toujours. Ses bières, sa vodka... oui mais à la maison.
L'aînée ne travaille plus, l'ambitieuse vise haut en prenant son temps et les sous de sa mère, son jeune époux vend de la viande aux grands hôtels, entreprise familiale.
Et toutes leurs fins de semaine ils les passent ici. Si Mamouchka se réjouit de câliner sa petite-fille, elle s'inquiète de l'orgueil paresseux de son aînée.
Pas besoin de voir de mes yeux, la ruelle, la vie, le voisinage (je vous épargne la famille de la prof' d'anglais qui nous voyant arriver en tirant nos valises, trente jours déjà,...me lançait en son anglais: "Congratulation"! Congratulation ? les images remontent à la surface de ma cervelle, blurp, blurp, en faisant des bulles. 

13h30.
Dulcinée va voir son petit-fils, elle rentrera de Times City dans trois heures et nous y retournerons un peu plus tard pour ce repas en compagnie du "gamin", de sa nouvelle donzelle et de la fillette de celle-ci.
Après avoir mangé nous irons ensemble chercher le fils du "gamin", sa maman, présentement absente, loge à quelques centaines de mètres.
À la fin je rentrerai seul à la maison, Dulcinée restera avec son petit-fils au domicile de la maman qui ne réapparaîtra que dimanche, m'a-t-on laissé savoir.
C'est très vietnamien tout ça ! 

16h15.
"Persuasion", Jane Austen: fini ! Excellente initiation à la pensée aristocratique anglaise du début du XIXeme siècle. Une écriture fluide et légère, bien plus légère que l'étiquette de la "Gentry" de cette époque. Il y avait beaucoup de "Elliot" ce qui parfois troublait ma vision de leur puissant arbre généalogique. On se mariait souvent entre cousins.
Un moment d'hésitation: "Jane Eyre" de Charlotte Brontë ou "La Fille du Capitaine" de Pouchkine ? Ou alors "Agnès Grey" de Anne Brontë (troisième sœurs). À l'heure des repas (en tête à tête) et quand Dulcinée a terminé son "rapport", je lui présente le mien, mes lectures et ce que j'ai appris sur l'auteur, l'époque. Écoute polie.
La publication des premières œuvres des trois sœurs date de 1847. Du coup me voilà en quête d'informations sur cette période, en Angleterre, sachant qu'en 1848 le Printemps des Peuples secouait l'Europe continentale.
En 2017 les Peuples sont en effervescence, autrement, bien autrement, mais pourquoi ne pas tenter une analyse comparative, ne serait-ce que pour identifier les "modes de penser" à 170 ans d'écart.
- C'est trop pointu pour toi, Mon Papy !
- Je sais.
Propos sur la Révolution de 1848 - Persée
www.persee.fr , de H Brunschwig - ‎1948
Pourquoi l'Angleterre, pourquoi la Russie se sont-elles distinguées des autres pays entre 1815 et 1848 ? 

22h30. Maison.
Le "gamin" et sa donzelle m'ont gentiment raccompagné en voiture. Ce fut une agréable soirée. Le plus souvent ces repas réunissent trop de convives, là nous étions cinq, Dulcinée, le "gamin", disons... son amie, la fille de celle-ci et moa. Tout ça dans un de ces buildings du côté de Times City.
Un repas très convenable, repas préparé par le fils de Dulcinée.
Aspect positif: la fillette, 7, est bien éduquée, chose rarissime par ici. Espiègle sans en faire trop.
Une fois sortie de table nous sommes allés piquer le petit-fils dix blocs plus loin. Tout le monde était ravi. Grand-mère bien évidemment, le papa du petiot, son amie, la fillette et la nounou du benjamin, elle avait enfin une soirée libre ! Moa j'étais content que tout'l'monde soit content.
L'appartement, 3 pièces + 2 salles de bain, où nous avons mangé, propriété du papa de la donzelle m'a paru bien tenu. Quelques meubles un peu kitchs mais bon.
Le coin cuisine est parfaitement équipé. Les télés, +++, hyper-sophistiquées comme il se doit aujourd'hui chez cette nouvelle bourgeoisie. Pas un seul livre !
Il m'arrive de penser que nous sommes, Dulcinée et moa, des spartiates d'une autre époque, des résistants.

01h00, nuit.
Zut plus d'eau. Voilà que je monte et descends pour "voir" (?) le réservoir sur la terrasse, ouvrant fermant ici et là les robinets, tirant la chasse d'eau des trois WC ! Arrêt des chauffe-eau en urgence.
Pompons ! Le moteur électrique ne fait pas trop de bruit.

 

06h30.
Dulcinée doit rentrer dans un moment de sa nuit de garde chez la maman (absente) de son petit-fils.
Pouchkine, La Fille du Capitaine. 

Alors qu'il conduisait la voiture de son amie * - assise à sa droite - , le fils de Dulcinée crut devoir se confier. Rien à voir avec sa Berezina financière, heureusement pour lui. Non le "gamin" souhaitait partager ses inquiétudes et ses espoirs de jeune papa. On le sait, la mère de son fils a un premier enfant (7 ans) d'une antérieure mésalliance. Le garçonnet est en surpoids, 55eme sur les 60 de sa classe et passe son temps libre à jouer sur "sa" tablette et avec ses Lego. Pourtant le môme est sensible, adore sa maman et son demi-frérot.
Bon, le "gamin" me fait une intéressante description, lucide, de son ex-short term-compagne: "elle est comme les Américains, narcissique, elle croit que les diplômes ne sont pas nécessaires pour réussir, l'entregent suffit, mieux il prévaut". Je ne me souviens pas du mot qu'il utilisa en anglais pour "entregent".
Je répondis qu'à l'avenir, le Vietnam offrira moins d'espace pour les dribbleurs du business et qu'un diplôme et de l'entregent c'est encore mieux et... compatible avec l'esprit d'entreprendre. Je poursuivis, songeant plus au vocable "entrejambe" qu'à "entregent": "Pour une femme ça peut encore marcher, pour un homme j'en doute et comme elle a deux garçons ! ".
Et dans l'épanchement je concluai :"Fais attention qu'elle n'en fasse pas un deuxième obèse et c'est préférable de prendre le temps de jouer avec un enfant que de lui refiler une tablette en espérant qu'il reste tranquille dans son coin".
Je soulignai une deuxième fois que son premier, nul en classe, obèse, souffre aujourd'hui des moqueries de ses "copains", possible qu'il réussisse plus tard sans diplôme comme veut le (faire) croire sa maman mais c'est aujourd'hui qu'il est en peine. 

* Elle monte en grade passant de "donzelle" à amie.
* * Entregent. Je chercherai plus tard, pour le moment la Wifi des Soviets est faiblarde. 

10h30.
On se prépare à sortir.

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18 février 2017

Samedi, Treyvaux - 3

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Avertissement à tout nouveau visiteur: ce blogue est une chronique difficile à comprendre sans remonter quelques pages. Chacun est libre d'en transmettre l'adresse à qui bon lui semble.  

Il m'arrive de piquer des images sur Google mais comme ils piquent les miennes sans me demander on est quitte. 

Si cette chronique a commencé en 2004 (chez un aubergiste du Québec) seules les années 2013.14.15.16.17 sont encore accessibles. 

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L.T.

P.S.: 12h45, vendredi

Dulcinée est de retour. Après le repas elle s'en ira voir son petit-fils.
Moa, moa ? Lecture. Lecture et réflexion. Hasard et coïncidence je reçois plusieurs messages d'Europe et d'ailleurs. Si j'oublie (?) souvent d'ouvrir ma page Facebook ("créée" par Dulcinée), j'essaie d'être plus attentif à mon courrier "normal".
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Un bilan de ce séjour hanoien ?
Nous prenons l'avion mardi 21 en fin d'après-midi et nous devrions arriver à Treyvaux le lendemain midi. Les bagages ne seront pas trop lourds. La bouteille de whisky japonais est bien emballée. Par principe (?) je ne ramène aucun objet de valeur sentimentale considérant que notre maison doit continuer à vivre avec ses talismans.
Ai-je oublié le choc des premiers jours, le deuxième étage (ça me fait penser à la bataille de Dien Bien Phu quand les soldats français abandonnaient des positions... "Eliane 1", "Dominique", "Huguette", "Eliane 2, 3, 4") ?
Nous tiendrons le premier étage et le rez !
Dormir, manger, se laver,... tout fonctionne. Je n'ai pas fait tourner les climatiseurs parce que si un ne fonctionnait pas à quoi servirait de le réparer puisque nous partons. La fuite d'eau est colmatée (tiens faudra que je cherche l'origine de ce mot *).
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En ce qui concerne le "gamin", sa mère a fait "son possible", la situation n'est pas mauvaise, loin d'être "perdue". Au fils de prendre les "choses en mains" (il me semble, parfois que Dulcinée se résout à lâcher prise, ces extrémités.... que sont les mains de son gamin. Mais si par malheur j'en ajoute dans ce sens... gare à moi, son petit reste son petit !).
Ce qui précède comprend aussi bien les aspects professionnels, et donc lucratifs, que la vie sentimentale de ce jeune homme.
Signalons qu'après rappelsss j'ai reçu les quelques documents me permettant de "boucler" le dossier suisse de cette Berezina financière. Leur lecture me laisse entendre (les ayant lus à voix haute) que Dulcinée s'est trouvée bien plus d'une fois "entre deux", ne me révélant pas la complète étendue du naufrage - par crainte de me voir m'agacer - choisissant ou imaginant des solutions propres à sauver son "Moise" pour de bon. Une mère est une mère, une épouse ensuite... bien que pour être mère elle ait du passer derrière un paravent sous les fourches caudines * * de son compagnon.
- En somme elle t'a souvent raconté des bobards ?
- Elle confesse à Bouddha tout puissant.... ce qu'elle a fait ou omis de dire qu'elle avait fait... un peu dans le genre quoi. Mais tu connais ma théorie sur le pardon, enfin celle de mon Kratochwill dans "Trieste", seul le Ciel pardonne, nous ne pouvons qu'aimer avec tendresse.
- Donc tu ne pardonnes jamais ?
- Jamais, mais j'oublie (en espérant que les autres fassent pareil en ce qui me concerne).
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Ce soir nous mangeons à la maison, demain midi idem. Samedi soir nous sommes invités chez la nouvelle donzelle du garnement. Dimanche: lunch chez une amie qui habite de l'autre côté du Fleuve Rouge, en soirée ce sont les Soviets qui nous régalent en ville.
Lundi midi au bureau des amies, le soir chez nous.
Mardi à la maison.
Dulcinée a calculé sa viande, ses légumes, moa, moa... mes bières, mon tabac et mon vin.
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Le gros morceau est un minuscule paquet: le petit-fils. Rien est perdu. La maman se fera une raison, son "ex" nique son ex-copine" et ils logent pas loin. Grand-mère s'inquiétera encore souvent, longtemps, n'est-ce pas dans son "humaine nature"?
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Reviendrai-je à Hanoi, à Buoi mon village ? Je n'y tiens pas. Cristal clear ! À l'évidence ma présence discrète à ses cotés a eu deux effets importants:
- Dulcinée s'est sentie "épaulée" lors de nos sorties, rencontres, repas,...
- Elle ne rentrait pas en soirée dans une maison vide pour y dévorer tristement un bol de riz.
À cela j'ajoute un troisième effet: lors de ces deux précédents voyages (septembre-octobre et une quinzaine début décembre) Dulcinée montrait à ses proches un visage décomposé, on la voyait vaincue, lessivée dit-on parfois. Il y deux jours une de ses fidèles me confiait:"Nous la retrouvons comme nous l'aimons, si tu l'avais vue en décembre !".
Je ne tire aucune gloire, juste à moi un bout de la couverture car en acceptant, de mauvais cœur, de la suivre je savais le bien que cela lui ferait.
Et finalement nous avons accompli ce que nous devions pour le Têt.
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Du village je ne retiens que le salut (supposé) amical des gens. Rien d'autre. Plus rien d'autre.
Hanoi, désolé RAS, circulez... le touriste ou le nostalgique trouvera son compte en se perdant dans les "Trente-six rues", bravo s'il pointe son nez au début de la rue Hoang Hoa Tham un dimanche matin en se dépêchant pour ne pas manquer la sortie de la messe devant la cathédrale Saint-Joseph.
La "Société vietnamienne" ? Allez et p'is c'est tout:"Si c'était pour en arriver là !".
La province ?
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J'ai lu énormément avec passion, pas un moment d'ennui ou peut-être parfois lors d'une insomnie.

Redécouvrir la richesse gastronomique du pays, quel plaisir, oublions cette chiasse. Comme me le répète souvent Juju: "Et ?".

Tant pis: ma Chère Juju me manque, je la revois partout dans la maison (même au deuxième abandonné), sur la terrasse encombrée de plantes desséchées.
Elle dort à mes pieds. Et surtout elle me parle (depuis Treyvaux via Viber), elle se moque de moi, elle me secoue, elle me défend quand Mamcook "m'agresse", la grondeuse vous le confirmera. N'hésitez pas à vérifier ce que je raconte, Dulcinée n'a pas honte de mes élucubrations (enfin celles-ci uniquement), elle est entrée dans notre jardin plein de moineaux. Quand Juju parle par ma bouche avec sa voix coquine, Dulcinée me regarde et pense:"C'est pas possible, c'est pas lui qui invente, c'est bien elle".

* Colmater: (1820) Dénominal de colmate, « terre servant à combler », issu de l’italien colmata (« comblée ») de colmare (« combler »). Wikipedia
Étymol. et Hist. 1820 (Lasteyrie, Collect. des machines, éd. de 1823, 1, 86 ds Quem., s.v. colmate). Dér. de colmate, dés. -er. Colmate (dep. 1820, Id., ibid.) est empr. à l'ital. colmata, terme d'agric. attesté dep. xve-xvies. (L. de Vinci ds Batt.), part. passé substantivé de colmare « combler », dér. de colmo, du lat. culmen « sommet ».CNRTL

* * Fourches caudines ! La bataille des Fourches Caudines (Furculae Caudinae en latin) est une bataille qui oppose en 321 av. J.-C. les Romains aux Samnites au cours de la deuxième guerre samnite. Les Samnites de Caius Pontius, par leurs positions stratégiques, encerclent et capturent une armée romaine entière de 40 000 hommes dirigée par leurs deux consuls.

Cette bataille et surtout la défaite romaine qui s'ensuivit est à l'origine de l'expression « passer sous les fourches caudines », l'usage hésitant sur la majuscule à « fourches », employée dans la langue française, qui signifie, par extension, que l'on doit subir une épreuve difficile et humiliante. Wikipedia
Et ces "Samnites" qui sont-ce ?

"En principe", "normalement", la publication continuera ces prochains jours sans trop savoir comment je m'y prendrai, surtout mardi et mercredi.
Continuerai-je une fois rendu à Treyvaux
 ?

17h30, vendredi, maison.
L'apéro ! Une tranche de salami (il en restera jusqu'à mardi), quelques copeaux de fromage (gruyère) et une bière (achetée ce matin au petit supermarché de la rue Hoang Hoa Tham). Mamcook a bien géré nos réserves (importées de Suisse).
Salami, fromage... Voilà qui prouve que je n'ai jamais été un authentique expatrié. En plus de trente ans de vie à l'étranger pourquoi n'ai-je pas été capable d'oublier le fromage (gruyère), le salami, la saucisse à rôtir, les rœstis, le vin,.. ? Dans le passé j'ai abordé si souvent ce sujet que je n'y reviendrai pas.

Le plus étrange c'est qu'en Suisse, chère patrie, mon "intégration" (drôle de mot ou plutôt drôle de famille: intègre, intégrisme, intégralement, désintégrer ...) n'est pas plus grande. Certes, allant au pain (avec un crochet par l'église) chacune chacun me rend très courtoisement mon salut, parfois j'échange quelques propos avec un autre vieux ou une bigote (on a repéré mes crochets "par l'église"). Et les promenades en forêts avec une chienne ! Et je vais à la messe un dimanche sur deux, à la Coop du village deux fois par semaine (pour le pain bis, CHF 1,15 la livre ou mon litre de vin, CHF 1,95), et chez Landi (supermarché orienté vers une clientèle paysanne, pour faire simple) où j'achète mon papier de verre (CHF 0,90 la feuille), des visses au détail (prix variable selon la grandeur), parfois un paquet de tabac (St-Louis). P'is chuis à nouveau inscrit au Parti socialiste suisse, je vais chez Pro Senectute pour qu'on m'aide à remplir ma déclaration d'impôt, p'is la déchèterie, parfois au théâtre du village (on a eu Bernard Pivot, c'est pas banal). Ah, p'is y'a Marianne la patronne de l'auberge qui me fait la bise chaque fois que je la croise, y'a sa saucisse à rôtir (la saucisse est succulente, les rœstis pas à la hauteur), y'a encore la fonderie où je m'arrête de temps en temps (le jeudi quand "ils" coulent le métal brûlant dans les moules ensablés, ding dong, les dames de l'administration communale qui me reçoivent toujours avec un aimable mais curieux sourire en coin, Monsieur B......., le fonctionnaire de la poste avec lequel on cause de son fils qu'est artiste, homo et tatoueur ("tatouage unique garanti"), j'en oublie pleins. Pourtant ?
- Et ?
- Pourtant, non, mea culpa.
- Maxima ?
- Non. Bien évidemment je ne parle pas ici de ma famille, des proches et lointains amis, je parle du village, de la Suisse.
- Tu lis le journal, tu commentes les votations, tu t'énerves,... Alors ?
- Alors ? J'aime l'Afrique !
- Kessel ?
- Tu connais Kessel, Juju ? Moi je vais relire Cendrars un de ces quatre matins.
- Cendrars n'a pas été en Afrique ?
- Non mais il parle quelquefois comme un apatride.
- Je croyais qu'il avait perdu un bras en se battant pour la France en 1915 ?
- Il se battait pour des idées, pas pour la France. La France n'a ni pétrole et plus d'idées.
 

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Blaise Cendrars: "Comme beaucoup d'artistes et d'écrivains à cette époque, il se passionne pour l'Afrique et compile dans son Anthologie nègre (1921) des contes de tradition orale, qu'il est le premier à considérer comme de la littérature".
" La Création du monde est un ballet de danse classique chorégraphié par Jean Börlin sur une partition de Darius Milhaud, op. 81a, un livret de Blaise Cendrars et des décors de Fernand Léger, pour les Ballets suédois. La création eut lieu au Théâtre des Champs-Élysées à Paris le 25 octobre 1923
". Wikipedia.

Voilà un moment que Dulcinée est rentrée, ressortie au marché, rentrée, elle prépare le souper en même temps qu'elle surfe sur la Toile.
(Tout soudain je repense à cette affaire d'histoire du Royaume-Uni que je connais si mal. En même temps je lis "Persuasion" de Jane Austen.
- Quel charabia...Mon Pauv'e Papy... on te suit plus.
- O impatiente Juju ! Un truc me turlupine: les rôles d'Horatio Nelson, "l'aîné", marin, amiral intrépide et Wellington (Arthur Wellesley, Duc de). D'abord bien les situer dans le temps (période Révolution française jusqu'à la chute de l'Empereur Napoléon et les traités qui suivirent). Ensuite cadrer l'un et l'autre en re-visitant leur carrière. Deux stratèges, un téméraire, Nelson, et un politicien-guerrier et conservateur. On est dans les temps de Jane Austen et même des Sœurs Brontë, surtout Wellington. Fermons la parenthèse.
" In September 1805, Major-General Wellesley was newly returned from his campaigns in India and was not yet particularly well-known to the public. He reported to the office of the Secretary for War to request a new assignment. In the waiting room he met Vice-Admiral Horatio Nelson, already a legendary figure after his victories at the Nile and Copenhagen, who was briefly in England after months chasing the French Toulon fleet to the West Indies and back. Some 30 years later, Wellington recalled a conversation that Nelson began with him which Wellesley found "almost all on his side in a style so vain and silly as to surprise and almost disgust me". Nelson left the room to inquire who the young general was and, on his return, switched to a very different tone, discussing the war, the state of the colonies, and the geopolitical situation as between equals.On this second discussion, Wellington recalled, "I don't know that I ever had a conversation that interested me more". This was the only time that the two men met; Nelson was killed at his great victory at Trafalgar just seven weeks later..)
- Done ! Finis ta bière...

20h00. Faim ! Je me demande ce que Dulcinée mijote en cuisine. Pâtisserie pour demain soir (nous sommes invités par la donzelle du "gamin" en son appartement, Park Hill, à côté de Times City, c'est tout dire !) ?
Mamcook, rappel, dispose ici d'une seule plaque (électrique), d'un four (tout aussi électrique) et du cuiseur de riz, appareil aux autres possibilités des plus surprenantes: on peut y cuire des spaghettis, son pain, des gâteaux, un rôti, des légumes, chauffer l'eau de son thé, réchauffer une soupe ou une sauce,... un après l'autre, dọn, et en lavant bien le conteneur.
- Élémentaire. Finis ta bière, mon Dadounet.
 

21h15, cuisine. J'ai fini la vaisselle. Échec total, Dulcinée se désespère en contemplant ses tartelettes et cakes.

07h30, samedi matin, maison.
Voilà, la table du petit déjeuner est mise (dressée *), Dulcinée achevé ses ablutions, je balaie devant notre porte * *. Ma première pipe, mon thé de camomille.
Bonjour Samedi !

* Dresser: de "directus", droit.
dress (v.)
early 14c., "make straight; direct, guide, control, prepare for cooking," from Old French dresser, drecier "raise (oneself), address, prepare, lift, raise, hoist, set up, arrange, set (a table), serve (food), straighten, put right, direct," from Vulgar Latin *directiare "make straight," from Latin directus "direct, straight" (see direct (v.)).

Sense of "decorate, adorn" is late 14c., as is that of "put on clothing." Original sense survives in military meaning "align columns of troops." Dress up "attire elaborately" is from 1670s; to dress (someone) down (1769) is ironical. Related: Dressed; dressing. Dressing down "wearing clothes less formal than expected" is from 1960.
dress (n.)
c. 1600, originally any clothing, especially that appropriate to rank or to some ceremony; sense of "woman's garment" is first recorded 1630s, with overtones of "made not merely to clothe but to adorn." Dress rehearsal first recorded 1828.

* * Balayer devant sa porte: en remontant loin on trouverait dans les archives du Parti un décret engageant chaque famille à balayer devant sa porte le samedi matin. Ici à Buoi on le fait encore, pas partout. En Afrique au bon temps de la révolution burkinabée le Capitaine Guide Sankara s'inspira du modèle vietnamien.

10h30, maison.
Dulcinée s'active depuis notre réveil. Invités ce soir il est impensable que nous ne portions pas un plat, ou deux.
Moa, moa... un brin de nettoyage, pas trop, illusion optique.
À Treyvaux Dulcinée se charge du ménage, donc du nettoyage, de l'apparence de notre logement. Hélas, je l'avais déjà écrit, elle refuse de porter ses lunettes en permanence il y a donc des coins à poussière qu'elle ne verra jamais.

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Posté par Buoi à 06:00 - Commentaires [0] - Permalien [#]