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L.T.

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 P.S.:

... Mardi.

Hier (lundi) je montrais une kyrielle de photos, tirées en marchant, réglage sur "ISO hypersensible"... qui n'arrange pas la qualité. J'aime marcher d'un pas vif et voler des instants, plus que prendre le temps. Je ne "vise" que rarement. Veuillez donc me pardonner une certaine médiocrité. Bah ! Si non...
C'est un peu comparable à mes brouillons d'ecrituraillerie. À la maison j'écris en pensant, en somme en marchant avec ma tablette. 
Des fois il m'arrive de considérer que je ne suis moi-même qu'un brouillon, un ébaucheur.
- Déjà dit.
- Je sais Rex. Mais on croit souvent que les choses ne se disent qu'une fois. Tsssss. 
- Que dis-tu, O Mon Maître ?
- Je dis....

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Je veux dire... dans tout ce que j'ai fait dans mes vies professionnelles et privées, j'ai un vague sentiment qu'il faudrait (eut fallu) une fois mettre tout ça "au propre" *. Et n'ayant plus assez d'énergie (je m'emmerde dans ce XXIeme siècle de merde) je commence à comprendre qu'il n'est pas certain que je rende un dossier final (en français on dit "ma copie") bien joliment arrangée. Et la fin, qu'est-ce ? 
Une caisse !
Baouf....
Quand j'arriverai au Paradis, qu'est en fait un grand cinéma qui passe le même film en boucle, b'en en entrant Saint Pierre, le Ciel bénisse ce bouffeur de coqs, Saint Pierre me murmurera discrètement à l'oreille (oui, une fois mort on garde les oreilles de nos vingt ans, pas les dents), il me glissera: 
- Secoue le col de ta chemise, y'a des pellicules. 

..........
Après le remue-ménage de la fin de semaine, le calme se rétablit. Je reprends mes "cours radiophoniques" au Collège de France (France Culture), mes livres-lus et les fourmis me démangent ! Je viens de terminer (?) un chapitre qui me ravit. 
Vous n'avez droit qu'à un "abstract" censuré. 

On sait que notre "héros" s'est retiré dans un village après son divorce, habitant la vieille maison héritée de ses parents. Il fait pipi dans le lavabo sous les yeux bluffés d'une colonie de fourmis audacieuses et très organisées. Depuis peu un chien tient compagnie à notre homme-dans-sa-soixantaine, un chien Rex, animal désabusé par la trahison des réalisateurs de la série télévision "Rex, chien flic" (version autrichienne). Pensez, découvrir qu'on faisait parfois jouer des clones à sa place. Non. Le choc a été terrible, découvrir qu'on n'est pas unique comme le prétendent certains. Nous ne sommes pas uniques, ne dit-on pas nos "semblables" et la Bible raconte que Dieu nous a créés à son image. Alors... 
Et Cohen (Albert): O Vous Mes Frères Humains. 

Mais le chien Rex n'existe pas vraiment, cependant il n'est pas un fruit de l'imagination de mon Essinger. 
Non.
Le chien a perdu son flair, il ne voit presque plus rien et devient sourd. Il est aussi moralement atteint.
Essinger l'aime pour ces mauvaises raisons. 
Depuis peu Rex croit que deux coussins sont en sa réalité... des moutons, deux moutons, don. Car après tout n'est-il pas un "berger allemand". Hein ? 
Au bout, tout au bout qui n'est pas un but, nous revenons tous à nos racines, ne serait-ce que pour les bouffer du dessous.

Essinger ne cherche pas à le ramener sur terre en lui révélant que ces moutons ne sont pas des moutons mais des coussins, un noir et un blanc. 
(Chaque famille a ses moutons blancs ou noirs, ici on est dans le gris, Rex est un vieux clébard).

Et comme notre bonhomme garde un coussin au salon dans la journée et un autre sur son lit la pauvre bête navigue anxieusement d'une chambre à l'autre. Comptant et recomptant.
- Ça n'est pas cruel, pense Essinger, ça l'occupe. Un chien berger vit en se faisant un permanent souci pour son troupeau, tel Dieu le Père pour ses stupides créatures bêlantes, les plus bêlantes étant celles qui nient son existence comme pour le narguer. En fait les athées ne peuvent honnêtement détester que les Dieux et leurs officiels représentants.

Pour aggraver cette situation, déjà bien proche des plus ardents thrillers hitchkochiens, mon Essinger s'est trouvé sur Internet une petite masseuse thaïlandaise qui travaille à domicile. 
- Je savais qu'il y aurait du sexe dans cette histoire.
- Qu'est-ce que tu marmonnes Rex ?
- Moa, on me les a coupées, une exigence du réalisateur de la série policière. 

Pas besoin de se descendre en ville ou d'aller en Thaïlande, la gentille péripatéticienne (puisqu'elle se déplace pour faire "mon cul business" comme chantaient gaiement les Camerounaises du bar de l'hôtel Aqwa de Doula), la belle s'accommode de ce retraité fort poli et qui paie content, content ou pas. 
Rex la surveille car la nuit (de sommeil, le chic-chic ne dure pas long) ce chien est convaincu que la dame un peu jaune veut voler le bonnet de nuit de son nouveau maître.
- Surveille-la bien Rex, hurle Essinger.
Rex sourit, heureux, heureux qu'on lui confie une si importante mission, même si la nuit... il fait bien nuit et la surveillance l'épuise. Parfois il s'endort, se réveille brusquement quand Essinger va pisser.
- Surveille mon bonnet, Rex ! 

Rex sourit. 

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Et y'en a des pages ! Ici ce n'est qu'un condensé, le charme (?) vient des phrases, du décor que je plante derrière, les "actes", un sapin pareil à celui d'une photo reçue, le mouvement des personnages (à deux, quatre ou huit six pattes) deviennent secondaires. On s'amuse avec tendresse. Aucune vérité, pas le moindre objectif, la liberté que permet la superficialité. Parce que, voyez-vous, entendez-vous, je n'arrive plus à croire qu'il existe une profondeur. Sans prétention, il me semble qu'ainsi peignait Van Gogh. 
Je raconte un désespoir certain et c'est un défi pour le chrétien que je suis... condamné au devoir d'espérance. 

 

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Mardi matin.

Dulcinée traine un moment après être allée au marché pour des légumes frais. Elle part en suite sur sa moto malgré un vent mauvais, la pluie et un froid piquant. 
Moa, moa j'attends 11h00 pour... aller au pain.

Tordu le Papy. Chaque jour j'élimine une certaine quantité de vieilleries. Ceux qui vivent dans une maison savent qu'on accumule, qu'on hésite, qu'on garde, qu'on se dit... peut-être que ce sera utile un jour ce machin foutu. 

La redite est une de mes faiblesses. Moa, moa chuis comme Abraham, je construis un foyer pour y brûler le meilleur. Le bras divin ne me retiendra pas. Ça se passe en deux étapes, démocratiquement, je descends ce fourbi au rez. Là Dulcinée peut choisir comme Salomon, le tri ultime. 
Tordu le Vieux Papy. Je veux qu'on sacrifie cette maisonnette tant aimée. Hier, avant hier ?, chais plus, j'écrivais, je décrivais la force qui me manque, celle qui n'existe plus, rendre sa copie, la moins mauvaise possible. C'est cela que je fais. 
Je pousse Dulcinée, elle, pour une fois plus lente que Moa-le-Suisse. Bien sûrement la mise à mort de notre maison est plus cruelle à ses yeux, à son cœur, elle sensible, calculatrice, moi sentimental paisible mais d'une cruauté terrible (ceux qui me connaissent le savent bien). 
Je suis un salopard mais ce que j'entreprends c'est pour sa survie et peut-être pour celle de son petit-fils. Le fils... je skipe. 

Mardi, fin de journée.

Job (naître et mourir tout nu), Abraham, Moïse l'expatrié, Jean le Baptiste,... Pierre et son coq,... Est-ce un crime, un acte blasphématoire que de jeter une bible aux ordures (trois en réalité, une en vietnamien, une en français et une autre en anglais) ? 
Est-ce plus terrible que de jeter un Joseph Conrad, un Atlas géographique (une édition rare de l'époque française), dix livres de Marketing et de Business hôtelier ramenés de son École suisse par son fils (c'est moi qui les avais payés), ou un "How to make a million bucks..." de Napoleon Hill (unique bouquin que le fils de Dulcinée a lu ces dernières années... tout ça pour en arriver à nous faire rembourser son "half-million of debt", quelle ironie). 
Avec tout ça une statuette en bronze, cadeau d'un de mes collaborateurs de Saigon. Il me remerciait pour une fausse attestation de salaire que j'avais signée. En effet ce medical adviser  souhaitait envoyer son fils étudier chez ces "cons d'Américains" et devait justifier d'un revenu minimum. 
Punaise, que n'ai-je pas fait dans ma vie. 
Je l'avais averti: - Si les gens du Consulat US découvrent que c'est bidon, vous et moi on est foutu pour toute demande future nous concernant.
Mais j'avais signé. Fuck you, Yankees ! Il a fini ses études son fils, avec succès. God save Vietnam. Et c'était pas le premier pour qui j'ai signé des attestations (parfois conformes quand même). Combien d'Africains n'ai-je pas parrainés pour qu'ils puissent s'instruire en Europe. Et mon Peter Njofon, fils d'un roi (de son village de l'Ouest camerounais) ! J'ai "fait en sorte" ( jolie expression) qu'il puisse présenter sa soutenance finale * en français quand il est devenu médecin,  qu'il participe à un congrès... au Brésil (visa, billet d'avion, hôtel,..), qu'il soit accepté comme interne dans un hôpital londonien, que sa femme puisse le rejoindre (visa, billet). Attention, pas toujours "rien qu'avec mes sous", ma compagnie m'accordait une marge de confiance. 
Je ne suis ni honteux, ni fier. 
* Son travail concernait les "parasites du genou". La symptomatologie est comparable à celle de l'arthrite. Bien évidemment nos anti-inflammatoires (Voltarene) étaient inefficaces dans ces cas. Pensez: il effectuait chaque semaine des prélèvements sur ses patients. Moi je descendais de Yaoundé à Douala pour les porter à l'avion de Swissair qui les faisait suivre (gratuitement) à Bâle à l'institut des maladies tropicales. Ces gens analysaient ces liquides pleins de saloperies grouillantes (gratuitement) et m'envoyaient les résultats... que je faisais suivre à mon Peter Njofon, fils de roi, Camerounais anglophone. Bon sang de bon sang !