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11h30, lundi je passe par dessus le défunt Ruisseau To Lich.

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en traversant le marché de Buoi.

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pour rejoindre

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l'arrêt du bus 45.

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Assis à l'avant du bus.

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Le long de la rue Hoang Hoa Tham.

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A hauteur du jardin botanique.

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Rue Phan Dinh Phung.

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Ces vendeurs d'alcool n'ont rien changé à leur commerce depuis 1991.

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Un oeil sur l'hôpital K... comme cancer.

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L'entrée des Hanoi Towers.

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Un café dans le hall.

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Retour par Dien Bien Phu.

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Où passe l'express Saigon-Hanoi.

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Nous avons habité là où se situe le Rustics. 

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 Cette tour fut longtemps le point dominant de toute la ville !

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V.I.Le Nin, dit Johnny Walker. Il retourne sa veste !

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J'ai connu le pilote de ce Mig qui détient le record d'avions US abattus.

(petit détail à propos du lac Truc Bach que je montrais hier.

C'est dans ce lac que tomba McCain en parachute lors de la "guerre américaine".)

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 Rue THuy Khue où me dépose le bus de retour.14h30.

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On récupère les restes des restos pour les cochons. 

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 Ngo 530.

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On prépare le Festival de notre ruelle. 

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 La porte de chez nos amis les Soviets.

L.T.

P.S.: Lundi matin.


Il m'arrive de relire le billet planifié, ne serait-ce que pour corriger diverses fautes, euh pas toutes semble-t-il .....-:-)))) quand on...lit-bien !
Ce matin j'ai eu une minute d'hésitation concernant la partie imbibée de mon billet du jour . Mais ne suis-je pas un vieux catho ronchon ? Tant pis si on me lit de travers, j'en ai l'habitude, tant pis si j'écris de travers. Hips. 
Vivons avec nos contradictions, hein. Les votres, les miennes.


Dans le bus, hier, en passant devant l'hôpital 108, un mammouth appartenant à l'Armée, je me suis souvenu d'une anecdote (plusieurs fois racontée ces quinze dernières années sur mes blogues successifs).
C'était au début des années "90" à Saigon. Mon bureau (boulevard Nguyen Hue) était ouvert à tous les visiteurs. Parfois je perdais mon temps à écouter des âneries ou à rejeter des sollicitations présentées par de nombreux médecins en quête d'un soutien financier (participation à des congrès à l'étranger). 
Un jour deux individus s'installèrent autour de ma table de travail *. Le premier portait un uniforme de l'Armée, un homme sec, minuscule et âgé. L'autre avait l'allure d'un vrai médecin, petite soixantaine, des lunettes. 
Le premier se présenta: Général et médecin * * , grand responsable (malgré sa taille) de la médecine militaire tonkinoise (Nord du Vietnam). L'autre écoutait respectueusement.
Voilà: je devais impérativement soutenir leur projet : les premières transplantations rénales programmées à l'hôpital 108 de Hanoi.
Je lui répétais au moins trois fois que malheureusement ma compagnie ne produisait aucun médicament anti-rejet et que.... * * *
Nenni, mon Général ne voulait pas le savoir, je devais soutenir:
- Un grand séminaire international (?) qu'il organiserait en la capitale, séminaire indispensable à la suite du projet.
Je compris vaguement qu'au-delà du sauvetage de patients souffrants d'insuffisances rénales graves, le corps médical vietnamien s'engageait dans une compétition nationale: le gagnant raflerait le business qui suivrait, gloire en bonus. 
Le deuxième personnage intervint peu, bien que "militaire" il portait un habit civil, en somme une sorte de crédit scientifique ambulant. 
Je me suis souvent gratté la tête (voir mon billet demain au sujet des pellicules) dans ces situations. Comment faire passer les dépenses à ma direction ? Refuser froidement aurait des conséquences sur nos affaires. 
Je lui promis une rapide réponse.
Racontant l'affaire à mes collaborateurs je m'attendais à les voir s'inquiéter comme moi du peu de lien entre ce projet farfelu et nos activités commerciales (tuberculose, lèpre, rhumatisme,....). 

*   Ma table de travail: toujours nette. Je faisais suivre tous les "dossiers" à mes collaborateurs le plus vite possible. 

* * Ce Général était un de ces médecins "aux pieds nus" formés sur le tas dans le maquis de la résistance. Formation académique quasiment nulle. 

* * * À l'époque Sandoz était leader en ce domaine "anti-rejet". Depuis la société qui m'employait (CIBA) et Sandoz se sont unies pour devenir Novartis.

Et bien non, le projet enthousiasma mes collègues vietnamiens, je crois qu'ils trouvaient cette histoire distrayante, particulièrement "mon attaché scientifique" un pharmacien (de laboratoire) extrêmement doué mais sans aucun sens du commerce. Cet homme remarquable avait subi 7 ans de rééducation dans un sordide camp au milieu du Delta du Mékong. Tous ses camarades juraient que sans son courage aucun d'eux n'en serait sorti vivant. 
M.Su a beaucoup de sang chinois dans ses veines. Il appartient à cette catégorie de personnes que je qualifie de "sentimentales", c'est à dire capable d'émotion et de cruauté barbare. 
Mais je l'aimais bien. Sa fille surdouée est aujourd'hui une avocate réputée aux États-Unis. 

Trois ou quatre jours plus tard mes militaires hanoiens en goguette saigonaise réapparurent tout confiants.
J'acceptais de soutenir leur projet tout en essayant d'esquisser un vague budget.

Le séminaire se transforma en congrès international. Un chirurgien taïwanais spécialiste (retraité) des transplantations justifierait l'appellation internationale. Je découvrirai plus tard la présence surprise d'un médecin allemand de passage. 

Après ce Congrès on passa aux choses sérieuses. Mon Général m'invita plusieurs fois aux répétitions effectuées en salle d'opération,... entraînements sous l'œil de ce sympathique chirurgien taïwanais, tout excité et probablement encouragé par les autorités de son pays, ce médecin transmettant son savoir à de jeunes charcutiers vietnamiens, tous formés par l'Ecole de médecine militaire. (Signalons en passant que cet aimable médecin taiwanais est mort il y 10 ans).


Heureusement "on" répétait sur des chiens, qu'"on" mangeait le jour suivant. Si "on" m'invitait à partager leur repas de midi, "on" comprenait gentiment mon refus de toucher au plat de viande de chien. Je me rabattais sur le cou de poulet et les légumes.

Mon Général frétillait d'impatience. Un jour il me prit "à part":
- Si une fois quelqu'un vous cherche des ennuis, dites-le moi je m'en occuperai. 
Cet homme là devint ainsi mon deuxième "protecteur VIP" *  au Vietnam. 

Ou, comment trouva-t-on trois reins à transplanter ? Mystère. 
"On" sélectionna trois patients (des militaires, don), deux hommes et une femme. Le Taïwanais supervisa les trois interventions.
"On" m'invita à les visiter les jours suivant l'opération.
Deux semaines plus tard ils étaient tous morts. 
Un mois suivi. Ces gens ne se découragèrent pas. Trois échecs, bah ! Mon collègue de chez Sandoz ayant fini de ricaner sur mon aventure à pains perdus prit tout content le relais. 

Bien évidemment les motivations premières de mes militaires n'étaient pas très glorieuses. Mais la compétition était engagé, le précédent créé. Après tout le patient du Docteur Barnard n'a survécu que 18 jours à la première transplantation cardiaque (du 3 décembre au 21 décembre 1967). Aujourd'hui les transplantations sont courantes bien que la nouvelle bourgeoisie, méfiante, préfère encore se faire opérer à Singapour. 

* J'ai eu deux solides protecteurs durant mes années de travail au Vietnam. Mon Général, don, et le "parrain" de Dulcinée, alors vice-ministre de la Santé. Ce dernier, homme intègre, fit ses études à Bucarest (au temps glorieux du Génie des Carpates). Il logeait, comme la famille de Dulcinée, à l'intérieur du compound de l'Ambassade vietnamienne et appréciait la cuisine de ma défunte belle-mère. En attendant son bol de riz il faisait sauter Dulcinée sur ses genoux. 

....118439644_o Bucarest, Roumanie 1963.

 

Lundi fin de journée, 17h42.

Comme on le comprend en ouvrant le volet illustré de la page du jour, chuis monté en ville ce lundi, fin de matinée. Convoqué par Dulcinée à un repas "au bureau" en compagnie de ses amies (et ex-collègues). Parait que ma présence est appréciée ! 
Elle, elle avait préparé le dessert et s'en est allée avec sa moto. Moa, moa donc, j'ai été prendre le bus 45 qui me dépose presque pas loin des Hanoi Towers où loge ce fameux "bureau". Toutes les compagnies pétrolières ont une fois ou l'autre occupé des locaux * dans ces deux Tours. 
Rappel: après un début de carrière brillant * * dans l'agro-chimie-pharmacie Dulcinée s'est trempée dans le pétrole pour son bonheur et sa réussite professionnelle. BP, Exxon, Rosneft.

Nous avons mangé (en salle de réunion !) un excellent repas, un de mes préférés: des nouilles, du lard grillé et des boulettes de viande rôties au barbecue des rues, le tout accompagné de lamelles de rave dans une sorte de bouillon-sauce pimentée, sans oublier une salade mixte avec ces herbes si savoureuses et tellement vietnamiennes..., salade jamais assaisonnée.
....
En dégustant tout ça nous causâmes. Dulcinée... beaucoup, c'est une raconteuse pleine d'humour, elle si différente en Asie. Chose étrange ces dames, pas Dulcinée, semblaient curieuses de connaître mon opinion sur "comment sauver le Vietnam"! Aurais-je une solution ! Ce qui m'a surpris c'est leur conscience du pourrissement des institutions. 

Elles ont parfaitement saisi ce que devrait être (le respect, l'indépendance)) le partage des trois pouvoirs: exécutif, législatif et judiciaire * * *. Il faut savoir que, comme en Chine, le Parti est au sommet de la pyramide, c'est à dire au-dessus de toutes ces trois institutions (Trump en rêve, Poutine l'impose, lui, comme les Ayatollahs Iraniens d'ailleurs). 
- Les membres du Parlement devraient oser poser de bonnes questions.
- Seuls les vieux élus prennent ce risque...
- Les Vietnamiens n'ont plus le temps d'avoir le courage de protester, conclus-je.

Bref c'était intéressant de les écouter... espérer
J'ai fait ensuite gentiment basculer la discussion sur un sujet soulevé récemment par mon "Vieux Frère": les ILS. 
"Les" Chinois sont tous, "les" Musulmans sont, "les" Français, "les"Femmes... 
Le sujet leur a paru farfelu et... amusant. Sans plus. Loin. L'Occident ça n'est pas "tout l'monde" semblaient-elles me rappeler. 

Après je me suis poliment enfui. À mon habitude ... Hai Ba Trung, Dien Bien Phu,... avant de monter dans mon bus et de débarquer à ce que j'appelle l'arrêt-poubelle devant l'entrée de notre Ngo 530, là où patientent les chariots des ramasseurs d'ordures ménagères.

*    On trouvait aussi l'Ambassade de Belgique et leur deux représentations fédérales, la flamande et la wallonne, chacune œuvrant à la réalisation de projets de coopération distincts !
Il y avait même un Bureau du Québec. 
Signalons aussi que dans la deuxième tour (y'en à deux) il y a un hôtel-résidence (court ou long séjour), un agréable restaurant, au quatrième, un autre au rez à côté d'un supermarché bien achalandé. 

* *  À la fin de ses études universitaires Dulcinée a bénéficié du marchepied népotique offert par son papa pour entrer dans une compagnie étatique spécialisée dans les audits, genre SGS. Il en avait été le directeur, donc... De là elle a rejoint la société agro-chimie-pharmaceutique, celle même qui m'employait déjà en Afrique et qui débutait au Vietnam. Elle succomba à mon harcèlement (ou l'inverse, on ne le saura jamais) au grand dam de mes collègues qui n'apprécièrent pas que nous mélangeâmes travail et cœur. Du coup elle tomba dans le pétrole grâce à ses "vieilles" camarades de fac. 

* * * A propos du système judiciaire nous avons évoqué brièvement un sujet qui "leur tenait à cœur": la présentation des "prévenus" devant la Cour. Qui n'a pas vu des images de "corrompus jugés d'avance" se présenter menottés, tête basse dans le costume rayé des prisonnier. Concernant les menottes je ne sais pas si ma réponse fut correcte. Un "prévenu" interné (enfermement préventif) arrive en salle d'audience handcuffed (nous parlions anglais), ce qui n'est pas le cas d'un "prévenu sous caution" qui lui arrive de dehors les doigts dans le nez, en complet-veston. Ces dames m'apprirent avec fierté que désormais les prisonniers présentés devant un juge pouvaient porter un habillement personnel. 
- Parce qu'avant ce n'était pas conforme aux "Human Rights". 
Si je n'avais pas vécu si longtemps ici, si je n'avais pas tant aimé ces gens, je m'eusse permis de ramener ces "Humain Rights" à leur origine qui a peu (mais a) à voir avec l'habillement. Autrement dit (parce que sans cela on ne comprendra pas): la déclaration des droits de l'"homme" propose un État où l'esprit de tolérance domine et autorise les activités de partis et associations dont les objectifs diffèrent de ceux et celles présentement majoritaires.
- En gros le multipartisme, une presse libre ? 
- En gros. 
- Des fois tu pourrais faire des commentaires moins longs.
- Et ta sœur ! 

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